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Monsieur Rebello veut participer à rendre le Québec vert en se joignant à la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) de monsieur François Legault.  On a beau chercher dans le plan d’action de ce nouveau parti politique, mais rien, absolument rien, ne laisse croire que ces nouveaux gestionnaires responsables ont une quelconque sensibilité verte.

En effet, dans son document intitulé «Agir pour l’avenir» qui devra constituer le «cœur» de son programme politique, la CAQ propose vingt (20) actions «pour s’attaquer aux principaux défis auxquels tout le Québec est confronté».  Aucune concerne le développement durable, l’environnement ou l’économie verte bien que la préoccupation du développement durable ait été soi-disant entendue lors des consultations menées par la CAQ auprès des Québécoises et des Québécois (page 2 du plan d’action).  L’absorption de l’ADQ, qui n’a jamais été un fervent défenseur de ces thèmes (d’ailleurs, ils sont absents des 6 dossiers prioritaires du site web du parti que l’on vient d’absorber), est révélatrice à ce sujet.

Au moins suivre les recommandations de l’OCDE

    Sans tomber dans le débat de la croissance versus la décroissance pour nous affranchir d’une dette écologique sans cesse grandissante (débat nécessaire soit dit en passant), on se doit de constater que ces nouveaux gestionnaires responsables n’osent même pas s’aligner sur les recommandations d’une politique économique verte proposée par un organisme relativement conservateur tel l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  Des recommandations que l’on retrouve, entre autres, dans trois (3) de ses documents officiels: «Cadre d’action de l’OCDE pour des politiques de l’environnement efficaces et efficientes» (2008), «Vers une croissance verte» (2011) et «Outils pour la mise en place d’une croissance verte» (2011).

L’OCDE reconnaît dans son document de 2008 que «beaucoup de problèmes environnementaux prennent de l’ampleur.  Bon nombre d’entre eux sont urgents et en grande partie irréversibles, ce qui suppose que l’inaction a un coût élevé» (page 3).  C’est pourquoi l’organisme réclame une cohérence dans les politiques en suggérant l’intégration des politiques économiques et environnementales dans les différents secteurs d’activités (transport, agriculture, énergie, etc.) afin qu’elles soient efficaces et efficientes dans le domaine de l’environnement.  Du cadre d’action suggéré qui doit s’adapter aux différentes situations nationales en fonction des forces et des faiblesses des divers outils proposés, on conseille notamment la mise en place:

  • De taxes liées à l’environnement et de permis négociables alloués aux pollueurs/utilisateurs de ressources pour que l’on utilise de manière plus efficiente les ressources naturelles et que l’on rende la pollution plus coûteuse pour inciter à modifier les comportements des consommateurs et des producteurs.  Ceci dans le contexte d’une réforme plus globale de la fiscalité pour éviter d’alourdir le fardeau fiscal des contribuables par le biais, par exemple, d’une baisse de l’impôt sur le revenu;
  • De politiques de soutien aux technologies vertes contrebalancées par la suppression de subventions qui encouragent des pratiques économiques nocives sur l’environnement comme la pollution et la surexploitation des ressources;
  • D’instruments non économiques que sont la réglementation et les normes à respecter.  Ces dernières complètent les mesures fondées sur les prix, car c’est la combinaison de différents outils qui assurera l’efficacité d’une politique économique verte.

Prendre des vessies pour des lanternes

Tout est absent du plan d’action de la CAQ.  Présentement, à la lecture des «vingt actions pour agir sur l’avenir» proposées par les caquistes, rien n’indique une quelconque volonté de bâtir un Québec vert.  Dire autrement, c’est encore une fois vouloir utiliser les thèmes de l’environnement et du développement durable pour faire du verdissement d’image à des fins électoralistes comme ont l’habitude de le faire les vieux partis politiques.

Pour ces nouveaux gestionnaires responsables, il est regrettable de constater qu’ils ne veulent pas gérer notre habitat ou notre maison (sens étymologique du mot économie) en fonction des connaissances que l’on accumule de plus en plus sur le fonctionnement des systèmes naturels complexes qui le composent (sens étymologique du mot écologie). Pourtant, c’est à cette condition, gérer en fonction de ce que l’on sait afin d’effectuer une bonne gestion de notre maison, que de nouveaux gestionnaires pourront alors se prétendre «responsables».

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